Saint-Vigor-le-Grand et son patrimoine

Le prieuré de Saint-Vigor

De l’établissement originel de saint Vigor, il ne reste rien : détruit par les Vikings au IXe siècle, il fut déserté comme la grande majorité des sanctuaires de Normandie. Hors de la légende, la fondation certaine du prieuré date du XIe siècle, à l’instigation d’Odon, l’évêque de Bayeux, comte de Kent et demi-frère du duc Guillaume. L’établissement va d’ailleurs suivre le destin de son fondateur et tombe en désuétude lorsqu’ Odon est enfermé par Guillaume de 1084 à 1087, avant de connaître un regain d’activité. L’évêque le cède alors à l’abbé de Sainte-Bénigne de Dijon avec pour recommandation de l’élever un jour au statut d’abbaye indépendante. Ce ne sera jamais le cas. Repris en main en 1702 par la Congrégation de Saint-Maur, les moines doivent abandonner leur prieuré en 1790. Les bâtiments sont démantelés à cette époque, notamment l’église avec son abside romane. Quelques traces du transept nord subsistent dans le mur du cimetière actuel. En 1857, la communauté de Notre-Dame-de-la-Charité de Bayeux rachète pour 60 000 francs ce qui reste du prieuré pour y transférer un pensionnat et un orphelinat.

La Porterie

Ce qui reste de la porterie de l’abbaye est un élément remarquable de l’édifice du XIIIe siècle comprenant de façon classique une porte cochère en arc surbaissé et une porte piétonne en plein cintre surmontées d’un décor d’arcatures et de quadrilobes. A l’intérieur, sous les croisées d’ogives qui soutiennent les voûtes, subsistent encore quelques éléments de polychromie
Gravure Arcisse de Caumont, publiée dans “ Statistique monumentale du Calvados ”.

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Église Saint-Vigor, XIIIe - XVIIIe siècles

Installée depuis le Moyen Âge dans la nef de l’ancienne église romane du prieuré Saint-Vigor, la paroisse fut dotée de sa propre église au début du XVIIIe siècle lorsque les moines décidèrent de restaurer leur prieuré ruiné. Le nouvel édifice, construit à partir de 1716 au milieu du cimetière sur les plans de l’architecte bayeusain Moussard, fut consacré en 1721. De plan cruciforme, l’église est précédée d’une imposante tour-porche de style classique, surmontée d’un lanternon octogonal coiffé d’un dôme.

LE TRÔNE DE SAINT VIGOR
Attribué au sixième évêque de Bayeux, ce siège d’époque mérovingienne en marbre rouge de Vieux jouait un rôle important dans l’intronisation des nouveaux évêques. Ceux-ci devaient s’asseoir symboliquement sur ce trône avant de faire leur entrée dans la ville et dans la cathédrale.

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Église Saint-Sulpice, XIIIe siècle

Réunie en 1856 à la commune de Saint-Vigor-le-Grand, l’ancienne paroisse de Saint-Sulpice (ou Supli) est dédiée à l’évêque de Bayeux martyrisé par les Vikings en 844. Percée au nord d’étroites fenêtres en meurtrières, la nef romane présente des maçonneries en arêtes de poisson. Le choeur à deux travées, reconstruit au XIIIe siècle, se termine par un chevet plat. Il abrite un magnifique retable en pierre du XVIIe siècle offert par le chanoine Le Vaillant, représenté sur la toile centrale, l’Adoration des Bergers. Le retable est flanqué de deux statues de saint Vigor et saint Sulpice, évêques de Bayeux.

LE “ RAPT ” DE SAINT-SULPICE
Selon la légende, l’abbé Simon de Saint Guillain en Belgique, au retour de son pèlerinage au Mont Saint-Michel en 986, passa par Livry, où était enterré le saint, et «après avoir fait boire à l’excès celui qui les gardait», déroba ses reliques. En 1662, les religieux de Saint-Guillain offrirent au prieuré Saint-Vigor une des côtes du saint.

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