Longues-sur-Mer et son patrimoine

L’abbaye Sainte-Marie


Dédiée à la Vierge, l’abbaye de Longues fut créée par le riche seigneur du Bessin Hugues Wac. La charte de fondation, datée de 1168, fut confirmée peu après par Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Les premiers moines bénédictins, originaires de l’abbaye d’Hambye (Manche), enrichirent leur patrimoine des donations des seigneurs des environs. Lors de la visite de l’archevêque de Rouen Eudes Rigault en 1257, la communauté compte 22 moines, possède 4 prieurés et le patronage d’une vingtaine d’églises paroissiales du Bessin. Plus encore que la Guerre de Cent Ans, le XVIe siècle fut désastreux. La mise en commende de l’abbaye en 1526 prive les moines d’un abbé régulier, et la communauté tombe en désuétude. En 1562, pendant les guerres de religions, l’abbaye est pillée par les protestants. La décadence continue, et en 1760, la communauté ne compte plus que cinq membres. L’évêque de Bayeux obtient en 1782, à la suite d’un long procès, la fermeture de l’abbaye. Les revenus (24 000 livres) sont alors partagés entre le dernier abbé commendataire, également évêque de Lectoure (Gers), Louis Emmanuel de Cugnac, et le séminaire de Bayeux. Vendus à la Révolution, les bâtiments subsistants sont sauvés de la ruine par le sénateur américain Charles Dewey qui, en 1932, achète l’ensemble et commence les premiers travaux de sauvegarde. Heureusement épargnée par les  destructions de 1944, l’abbaye en  cours de restauration est aujourd’hui, avec ses jardins restitués, ouverte à la visite par ses propriétaires.

Les bâtiments abbatiaux

Devenu logis des prieurs, l’ancien bâtiment des serviteurs, le seul du cloître encore debout, date de la fin du XIIe siècle, et présente de belles voûtes romanes reposant sur des chapiteaux à godrons. Au sud, le logis construit au milieu du XIVe siècle servait sans doute de résidence à l’abbé et aux hôtes de passage. Il a conservé sa charpente d’origine ainsi que de magnifiques peintures murales.

L’Abbatiale

Déjà abandonnée au XVIIe siècle, la nef de l’abbatiale a été détruite avec la tour de croisée et une partie du transept à la fin du XVIIIe siècle. Le choeur à chevet plat, modeste par ses proportions mais d’une qualité architecturale remarquable, porte l’empreinte du chantier de la nef de la cathédrale de Bayeux, et doit dater du milieu du XIIIe siècle. La coursière dégagée grâce au dédoublement du mur devant les fenêtres est caractéristique de l’architecture gothique normande.


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Église Saint-Laurent, XVIIIe - XIXe siècles

Occupant peut être un site ancien, l’église Saint-Laurent apparaît pour la première fois dans la charte de fondation de l’abbaye Notre-Dame de Longues en 1168 par Hugues Wac. L’édifice fut entièrement reconstruit entre le XVIIIe et le XIXe siècle, mais la façade occidentale et le mur nord de la nef conservent quelques maçonneries plus anciennes. Coiffé d’une flèche quadrangulaire en pierre, le clocher néo-roman de la fin du XIXe siècle s’inspire de l’architecture régionale.

LES CIMETIÈRES
Les cimetières normands ont bien souvent conservé leur emplacement médiéval autour de l’église paroissiale. On trouve ainsi dans celui de Longues deux tombes des XVIe et XVIIIe siècles comparables à celles de Vienne-en-Bessin, ou de Vaux-sur-Aure.

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Église Saint-Pierre de Fontenailles XIIe siècle

Édifiée en 1222, l’église a ensuite été donnée par l’évêque de Bayeux à l’abbaye de Longues. De l’édifice élevé dans la première moitié du XIIe siècle ne subsistent que les fondations et la base du clocher. La partie supérieure et la flèche décapitées en 1944, datent de l’époque gothique. Parmi les vestiges de l’ancien édifice, subsistent encore la statue de saint Pierre, ainsi que des fonts baptismaux, de la fin du Moyen Âge.

Dessin, d’après photo, de l’église Saint-Pierre avant les bombardements.

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La cloche de Fontenailles

Déposée au musée Baron-Gérard de Bayeux, la cloche de Fontenailles est datée par une inscription de 1202. Elle est réputée être la plus vieille de France.

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Le chaos de Longues-sur-Mer

De nombreux éboulements et glissements des falaises de calcaire jaune ont donné au littoral entre Port-en-Bessin-Huppain et Arromanches-les-Bains son aspect sauvage et chaotique. Au fil du temps, les roches de plusieurs tonnes qui s’entassent ont donné naissance à de spectaculaires chaos. Ce phénomène d’érosion qui modèle en permanence la falaise, fait parfois surgir de ces masses rocheuses de surprenantes sculptures naturelles. Ce fut le cas avec les “ Demoiselles de Fontenailles ”, nom attribué à deux piliers monumentaux, hauts de 25 m, apparus aux XVIIIe et XIXe siècles. Après avoir résisté plusieurs années, la dernière fut emportée en 1902 par l'inlassable travail de sape de la mer. Léon Le Behot, en 1881, dans son livre fait référence à cette curiosité locale : «… au milieu des falaises et des rochers, il est de toute rigueur de visiter la demoiselle de Fontenailles, rocher isolé, taillé à pic, au pied duquel le flot bat chaque jour. On s'étonne de voir ce monolithe encore debout, malgré les vents et les tempêtes. Autrefois il existait deux demoiselles de Fontenailles ; la seconde a été détruite par les ouragans…».

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