Manvieux et son patrimoine

Église Saint-Rémi, XIe XIVe siècles

Placée sous le patronage de Rémi, fils de Charles Martel et archevêque de Rouen, l’église appartenait à l’abbaye de Cordillon. Le choeur roman, dont les modillons sont encore en place, est rehaussé au XIIe siècle par l’installation des voûtes d’ogives. La nef est élargie au XIIIe siècle par l’ajout d’un bas-côté dont les arcades subsistent sur le mur nord. La partie supérieure du clocher, coiffée d’une pyramide en pierre et soulignée d’une frise de quadrilobes, date du XIVe siècle.

LE STYLE DE TRANSITION
L’église remarquablement restaurée témoigne de cette période de transition entre le style roman et le style gothique. Dès le début du XIIe siècle se mettent en place dans le royaume anglo-normand les bases d’une nouvelle architecture : le choeur de l’abbaye de Lessay est voûté d’ogives en 1098, la nef de Saint-Etienne de Caen vers 1115, les arcs se brisent dans toute la province. Le gothique est annoncé.

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La maison de journalier

Grandes fermes et châteaux faisaient appel à une main d’oeuvre abondante, souvent payée à la journée, et parfois logée par les propriétaires. De taille réduite, les maisons de journaliers comptaient une ou deux pièces principales. Celle-ci, construite probablement à la fin du XVIIIe siècle, comprend une pièce à vivre au rez-de-chaussée et une pièce mansardée à l’étage faisant office de chambre pour les enfants. Un petit jardin attenant à la maison complétait souvent cet habitat modeste. Restaurés avec les techniques et les matériaux de l’époque, la maison de journalier, le puits et le jardinet aujourd’hui disparu constituent un bel ensemble.

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L’évolution des paysages du Bessin

Partie d’Isigny au XVIIe siècle, une révolution agricole fondée sur l’exportation de beurre salé submergea le Bessin, couvrant ses campagnes d’herbages et de haies. Tardivement touchées, ses franges orientales n’ont jamais totalement renoncé aux champs ouverts, offrant ainsi des paysages de transition vers la plaine de Caen. Avant l’essor de l’élevage laitier, peu de terres échappaient aux labours. Les limons du Bessin produisaient alors du sarrasin mais surtout des céréales (froment, orge, seigle, avoine) dont témoignent tout à la fois moulins, granges à dîmes et halles aux grains. Engraissées de varech ou, plus récemment, amendées de chaux, les terres portaient aussi des plantes oléagineuses ou textiles (lin, chanvre, oeillette, rabette). A l’exception des champs seigneuriaux, les pièces restaient dépourvues de haies ; étroites et allongées, elles composaient des quartiers en « lames de parquet » : les delles. Chacune répondait à des contraintes communes (production, assolement, calendrier) et, les récoltes faites, le troupeau commun les parcourait à banon (vaine pâture). Dans un angle, un chêne pouvait offrir tour à tour abri et ombrage aux bestiaux et aux travailleurs.
Aux XIXe et XXe siècles, des prairies mais aussi des cultures fourragères (sainfoin, maïs) et industrielles (betteraves, colza) remplacèrent la culture céréalière.

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Le dos à la côte

Bien que « sur mer », Manvieux n’en est pas moins profondément terrienne. Jusqu’à Arromanches, le Bessin butte en effet, à quelques brèches près, à une falaise en gradins ou abrupte où seuls des corps de garde et des sémaphores furent construits. La côte n’offrait de ports qu’en de petits havres où vivaient pêcheurs et « écumeurs » d’estran et que l’érosion marine a parfois fait disparaître.
Carte, Archives départementales du Calvados.
Photo Pascal Corbierre / Service régional de l'inventaire de Basse-Normandie.


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