Le Manoir et son patrimoine

La masse du moulin à vent de Pierre-Solain

De l’Aure aux petits fleuves côtiers, de nombreux moulins ont longtemps tiré parti des cours d’eau du Bessin. Etablis sur un bief en aval d’une retenue, leurs roues tournaient à des fins artisanales (forges, tanneries, etc.) ou, plus souvent, alimentaires (farine, huile). Toutefois, pour pallier insuffisance et inconstance des débits, on leur associa parfois des moulins à vent. Une quarantaine ont été recensés dans le Bessin. Vides et à ciel ouvert, les sept qui subsistent relèvent de deux des trois types recensés localement :
- Le premier, le plus connu, consiste en une tour : sa charpente, pour mettre les ailes face au vent, roulait sur le mur.
- L’atelier entier du second, une cabine de bois, tournait sur un axe vertical. Une tourelle ou masse leur servant de socle et de fourreau, cabine et axe pivotaient donc de pair. Propres à l’Ouest, ces moulins « à pivot tournant » s’opposent donc au type mieux connu des « moulins à pivot fixe » qui, bien qu’attesté dans le Calvados, en ont totalement disparu. Faute de vestiges et de documents suffisants - trois des quatre masses conservées figuraient déjà hors d’usage sur la carte de Cassini (1759) -, les moulins à pivot tournant restent énigmatiques. De rares témoignages, dont la photographie d’un spécimen, suggèrent même qu’arbre et ailes se situaient non en haut mais au milieu ou au bas de la cabine.

 

Essai de restitution d’un moulin à pivot tournant :


  1 - Atelier
  2 - Meules
  3 - Lanterne
  4 - Rouet
  5 - Arbre-moteur
  6 - Vergues, ailes
  7 - Echelle-queue
  8 - Masse
  9 - Pivot
10 - Poutre
 

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Église Saint-Pierre, XIIe au XIXe siècle

Au coeur d'un vaste domaine antique devenu résidence des ducs de Normandie, l'église Saint-Pierre fut donnée en 1025 à l'abbaye de Jumièges par Richard II. L'édifice présentait une nef unique et un choeur plus étroit terminé par une abside semi-circulaire. La tour coiffée d’une flèche pyramidale a probablement été reconstruite à la fin du Moyen Âge. La nef conserve sur son mur sud des maçonneries en arêtes de poisson (opus spicatum) et une baie romane murée. Du choeur roman ne subsistent à l'extérieur que quelques modillons.

L’ARC TRIOMPHAL
L'arc triomphal et la perque : Séparant la nef du choeur, l'arc triomphal conserve souvent en Normandie une poutre de gloire, ou «perque». Ornée d'un Christ en croix et parfois de statues de la Vierge et de Saint Jean, elle peut être en bois ou en fer forgé, comme c'est ici le cas.

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Le pont de l’Abbé Philippe

Fermé par une grille du côté de l’ancien manoir, ce pont enjambe la Seulles par trois arches voûtées en anse-de-panier, et porte sur la clef de son arche centrale la date de 1818. Sans doute édifié par les mêmes bâtisseurs que le pont du Bigard dans la même commune, il fut réalisé à la demande du propriétaire de la ferme et des herbages, l’abbé Philippe (1764-1846) qui fit aussi construire la chapelle sud de l’église paroissiale Saint-Pierre où il repose.

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Le pont du Bigard

Enjambant la Seulles, ce petit pont fut sans doute construit par les mêmes bâtisseurs que celui édifié en 1818 dans la commune par l’abbé Philippe. Comme ce dernier, il présente trois arches voûtées en anse-de-panier reposant sur des piles en éperons. Un portail en maçonnerie ferme l’accès au pont du côté du village.

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